L’origine des désordres
Mais, comme souvent en médecine, les désordres constatés ont une cause. Et le premier rôle de l’orthodontiste est de découvrir cette étiologie. A 10 ans, l’enfant est à la veille de la puberté. A ce stade, tout trouble lié à la croissance intéresse l’orthodontiste.
Ainsi, le bon développement des mâchoires dépend fortement des fonctions qui s’exercent à proximité. La ventilation nasale, par exemple, est une fonction capitale. Perturbée, elle entraîne des insuffisances de développement de la mâchoire supérieure, et donc, des troubles de l’alignement dentaire.
Une autre fonction que l’orthodontiste doit explorer est la mastication. Exercée sur des aliments trop mous, ne nécessitant que peu d’efforts musculaires, elle entraîne une insuffisance de développement des maxillaires et, par la suite, un encombrement dentaire. Idem pour la langue : trop volumineuse et mal positionnée, elle peut empêcher ou influencer l’évolution des incisives, ou entraîner une avancée du menton.
Enfin, s’il est reconnu que le fait de sucer son pouce (un autre doigt, sa lèvre inférieure ou sa langue) peut avoir d’importantes conséquences sur le développement des mâchoires, l’observation des mâchoires révèle également d’autres troubles, comportementaux ceux-là, tels que : une immaturité affective, une grande labilité émotive, ou encore des difficultés d’adaptation.
Lors d’une première consultation, l’orthodontiste va donc s’interroger sur le cadre affectif et relationnel de l’enfant, la qualité de son sommeil, sa perception des odeurs, ses antécédents en termes de rhume ou d’otite, et examiner ses yeux, ses lèvres et son visage dans son ensemble.
Au delà du problème dentaire
L’orthodontie de l’enfant de 10 ans dépasse largement le cadre strictement dentaire. On l’aura compris, tous les troubles fonctionnels oro-faciaux et tous les problèmes comportementaux et relationnels concernent en priorité le clinicien du fait de leur répercussion sur la morphologie faciale du jeune patient.
Par le Dr Jacqueline Kolf


