Quel rapport entre les dents, les mâchoires et l’alimentation ?

Dés la naissance, aidons-les à avoir de belles mâchoires

C’est dans les premières années de la vie que les mâchoires se forment en s’étirant et en se modelant en fonction des aliments que nous mastiquons. Les conduites alimentaires jouent, sans doute, un rôle essentiel dans la prévention bucco-dentaire. Or aujourd’hui, nous nous sommes habitués, dès l’enfance, à consommer des aliments très cuits, souvent hachés, mixés, mous et onctueux. Pour essayer d’améliorer la situation, il faut faire plus d’efforts musculaires, en favorisant des modes d’alimentation plus stimulants pour la croissance des mâchoires.

 

Pour une bonne mâchoire, offrons le sein à bébé !

La mâchoire du nouveau-né subit de nombreuses modifications au cours de sa croissance. Elle va s’adapter dans les trois sens de l’espace en s’allongeant et en s’élargissant. La nutrition, en demandant un travail musculaire intense, influence la croissance de l’os au niveau du bas du visage. Mais la déglutition, la respiration, les mimiques, puis la parole jouent également un rôle non négligeable.

Le nourrisson possède une toute petite mâchoire du bas. Et c’est dans la première année de vie du nourrisson que la croissance générale est la plus rapide ; les progrès peuvent alors se mesurer chaque semaine. Lors de la tétée au sein, le bébé jette sa mâchoire en avant et produit un effort intense pour extraire le lait. C’est à ce moment que la stimulation est la plus grande et la plus importante.

La fermeté du sein, la succion active et la position plus verticale de la tête participent au développement de la mâchoire inférieure du nourrisson (contrairement à la tétine en caoutchouc). Il n’est pas rare de voir les bébés s’endormir sur le sein de leur mère encore plus facilement que sur leur biberon. On peut penser qu’ils sont repus. Mais ils sont aussi fatigués par l’effort qu’ils ont dû fournir, sollicitant fortement leur mâchoire, pour téter le sein. C’est pourquoi, à chaque fois que cela est possible, l’alimentation au sein est recommandée pour donner à l’enfant toutes les chances de développer une mâchoire de bonne taille. Dès trois mois, il faut passer aux bouillies qui doivent s’épaissir petit à petit.

 

Entre 12 et 18 mois, sollicitons ses premières molaires de lait

Dès que l’enfant a ses premières dents (incisives puis molaires de lait), il faut lui donner des aliments lui permettant de les utiliser et de continuer ce travail au niveau de la bouche toute entière. C’est donc entre 12 et 18 mois qu’il faut mettre à profit les molaires du jeune enfant, en lui donnant des repas qu’il doit mâcher en prenant conscience de l’importance de cette mastication.

Le lait, petit à petit, va laisser place à des purées faites maison et écrasées à la fourchette, à de la viande ou du jambon coupé en petits morceaux, à des compotes avec des morceaux ou des fruits coupés en toutes petites portions.

 

Entre trois et six ans, toutes les dents de lait sont à leur place

Elles permettent alors à l’enfant de mastiquer comme un adulte. Il n’y a donc aucune raison de lui proposer systématiquement des plats différents. Les industriels de l’alimentation facilitent la vie moderne en proposant des plats préparés qu’il suffit de glisser dans le four ou dans le micro-ondes en rentrant du bureau. S’il n’est pas interdit, bien sûr, de profiter de ces avantages, il ne faut pas en abuser.

Une alimentation fondante et moelleuse est associée à des notions de plaisir, mais elle ne favorise en rien la stimulation de la croissance des mâchoires chez les enfants.

Il ne faut pas hésiter à donner aux enfants des légumes cuits « al dente », (c’est-à-dire pas trop cuits), des rôtis (plutôt que l’éternel "steak haché frites" qu’il vaut mieux réserver à certaines occasions) et des fruits à croquer. A la sortie de la classe, à l’heure du goûter, préférez la baguette bien fraîche avec une barre de chocolat, plutôt que le chausson aux pommes, le croissant, le pain au chocolat et autres viennoiseries molles.

De bonnes conduites alimentaires simples améliorent la situation dentaire. C’est le chemin le plus efficace pour prévenir les malocclusions et l’encombrement dentaire. Ces conduites permettent de limiter le nombre d’extractions avant de poser un appareil. Avec l’apprentissage des protocoles de l’hygiène dentaire, elles sont à la base de toute politique de prévention.

A retenir
Il est conseillé de :

  • Donner le sein lorsque cela est possible. Le phénomène de succion plus difficile et la fermeté du sein participent au développement de la mâchoire inférieure du nourrisson, contrairement à la tétine en caoutchouc. Or, une mâchoire bien développée accueille plus facilement les 32 dents qui pousseront ultérieurement.

  • Privilégier ensuite les bouillies épaisses.

  • Apprendre petit à petit à l’enfant, dès l’apparition des molaires de lait entre 12 et 18 mois, à mâcher des aliments plus résistants, comme des purées écrasées à la fourchette, de la viande découpée au couteau et pas trop cuite, des fruits coupées en petits morceaux.

  • Donner à l’enfant des aliments solides, dès l’âge de 3 ans. C’est ainsi que l’on donne aux bouches des enfants toutes les chances d’avoir une mâchoire capable d’accueillir toutes les dents.

 

Par les Docteurs Jacqueline Kolf et Edith Lejoyeux

 

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