Orthodontie et traitements très précoces : quand, pourquoi ?

Nombre d’enfants refusent de consommer des aliments durs ou un peu résistants tel que la viande ou le pain et se réfugient dans une consommation exclusive d’aliments mous, semi liquides. 
Ces enfants, qui ne veulent pas manger “comme les grands” continuent alors de réclamer des biberons de complément à un âge où ils ont toutes leurs dents. Les repas deviennent alors une épreuve ! 
Or, la collaboration des orthodontistes avec les pédiatres, devenue plus étroite, a montré que ces très jeunes enfants présentent d’importantes perturbations de l’occlusion dentaire qui gênent la mastication et qui expliquent leur attitude.

C’est lors de l’examen que l’orthodontiste peut remarquer des décalages importants. Asymétries et inversion des rapports incisifs par avancée des incisives inférieures sont les situations les plus handicapantes car elles empêchent la mise en oeuvre de mouvements masticatoires coordonnées, efficaces et simples. 

L’enfant découvre le plaisir de mastiquer

Entre 18 mois et 2 ans, dès l’apparition des molaires de lait, la maman doit faire évoluer l’alimentation semi liquide en incorporant des aliments hachés puis solides. L’apprentissage et l’appréhension des aliments et de leur écrasement par les dents s’effectue souvent de manière ludique, à l’aide de morceaux de carottes crues, de pomme, de croutes de pain, de fromage à pâte cuite, que l’enfant porte tout naturellement à sa bouche.

Contrairement aux objets qu’il a l’habitude de sucer, ces matériaux ont la capacité d’être réduits progressivement par le frottement des dents, de se ramollir par la salive, et de se transformer ainsi en une sorte de bouillie qu’il finit par avaler.

Des études montrent que dès 4 ans, des cycles masticatoires adaptés à la nature du bol alimentaire sont établis. Ils témoignent d’une organisation de mouvements rythmiques coordonnés, automatisés avec point de départ et d’arrivée correspondant à l’engrènement dentaire. Si les rapports interdentaires sont asymétriques ou s’ils ne permettent pas une bonne stabilisation de la mâchoire pour l’écrasement puis le broiement des aliments, cet apprentissage n’aboutit pas. L’engrènement dentaire n’est pas utilisé comme point d’appui d’un développement de la force d’écrasement et l’efficacité de la mastication est réduite. 

L’enfant doit respirer par le nez

Un autre groupe de jeunes enfants mérite aussi qu’on examine leur bouche. Il s’agit de ceux qui ont un sommeil agité, qui se réveillent la nuit et ronflent parfois en raison d’une mauvaise respiration. Généralement, on observe que leur palais est profond, que la mâchoire supérieure est étroite et que les fosses nasales sont insuffisamment développées. Le risque d’apnées du sommeil est avéré. 

Dans ces différentes situations, entreprendre un traitement orthodontique à un si jeune âge semble utile :

  • Pour faciliter l’accès à une alimentation adulte ;
  • Pour que le couple mastication‐déglutition remplace le mode archaïque succiondéglutition et que la maturation fonctionnelle s’établisse ;
  • Pour que la langue occupe le plus tôt possible une position favorable dans le palais et contribue à son élargissement ;
  • Pour commencer à contrôler les habitudes de succion ;
  • Pour élargir les fosses nasales et favoriser la ventilation par le nez qui assure un sommeil réparateur ;
  • Pour profiter d’un taux de croissance en particulier dans le sens transversal qui ne se retrouvera plus jamais ensuite. 


Quels sont les moyens ? 
Parfois, il n’y a même pas besoin d’appareil. Selon l’importance des décalages, on ira du simple meulage ou équilibrage, suivi d’une phase de port de gouttières souples quelques heures par jour et la nuit, à la mise en place de plaques amovibles à vérins. Dans les cas sérieux de détresse respiratoire, une disjonction rapide de la suture du palais est indiquée. Si le risque de prognathie mandibulaire est avéré, le port d’un masque facial pour tracter en quelques mois le maxillaire supérieur et rétablir le rapport normal entre les incisives peut être proposé.
L’âge de la première consultation est la clé des traitements très précoces. Pourtant, ces derniers sont peu répandus car très souvent, les mamans ne commencent à s’interroger qu’à l’âge où les dents de lait tombent pour laisser la place aux dents définitives, et ce pour différentes raisons :

  • Les incisives inférieures poussent de “travers” ou pire, en arrière”, sous la langue”, alors que les dents de lait étaient bien alignées ;
  • Des grosses dents un peu jaunes apparaissent à la mâchoire supérieure, à la place des petites perles blanches ;
  • L’enfant continue à sucer son pouce ou à réclamer sa “tototte” alors qu’il est déjà en CP, CE1 ou même en CE2.

La tranche d’âge des 7‐8 ans est devenue l’âge « le classique » des consultations chez l’orthodontiste. C’est celui de l’éducation fonctionnelle et des corrections orthopédiques. Le plus souvent, c’est le bon âge pour une première consultation. Toutefois, les parents regrettent parfois de ne pas avoir consultés plus tôt.

Le conseil de la Fédération Française d’Orthodontie : demandez au pédiatre, à l’ORL ou au chirurgien‐dentiste traitant de regarder comment se placent les dents de lait de son enfant dès l’apparition des molaires de lait. Ces professionnels de santé pourront alors adresser l’enfant vers une consultation chez l’orthodontiste, si celle‐ci est indiquée à ce stade. En savoir plus : www.orthodontie‐et‐vous.fr, (site grand public de la FFO)

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