Orthodontie chirurgicale chez l’adulte : Le pouvoir rajeunissant des mâchoires bien alignées

Des lèvres qui n’arrivent pas à se fermer du fait d’un visage très long, une mâchoire prognathe ou un menton fuyant... Ces dysharmonies, conséquences d’un trouble de croissance des mâchoires, peuvent avoir des répercussions sévères, souvent sous-estimées. Sur le plan fonctionnel, elles peuvent entraîner douleurs articulaires, troubles respiratoires, difficultés de mastication et même déchaussement précoce des dents. Sur le plan esthétique, au-delà d’un défaut localisé au niveau de la mâchoire, c’est toute l’harmonie du visage qui est perturbée : nez proéminent, lèvres fines et surtout vieillissement facial prématuré par défaut de soutien des tissus de recouvrement. Les dommages collatéraux qui en résultent sont connus : complexes, manque de confiance en soi, difficultés à établir des liens sociaux.

A l’âge adulte, une fois la croissance osseuse achevée, il n’est pas trop tard pour corriger ces anomalies. La solution : l’orthodontie chirurgicale. Un traitement orthodontique d’une durée de 10 à 24 mois permet d’aligner les dents et une intervention chirurgicale réalisée sous anesthésie générale de repositionner correctement les mâchoires. La réhabilitation fonctionnelle et esthétique est maximale : en corrigeant l’infrastructure squelettique soutenant les parties molles du visage et du cou, le protocole orthodontico-chirurgical garantit un rajeunissement facial durable. Effet lifting garanti !

Les inquiétudes relatives à toute opération chirurgicale n’ont pas lieu d’être dans ce type d’opération : cicatrices invisibles, douleur maîtrisée, perte de sensibilité uniquement temporaire… La sortie de l’hôpital est généralement possible 48h après l’intervention et une reprise du travail est envisageable d’une à deux semaines plus tard. Une équipe de professionnels pluridisciplinaire garantit au patient un accompagnement et une prise en charge personnalisée pour des résultats précis, durables et visibles instantanément.

Le bon alignement des mâchoires est au coeur de notre équilibre

Dysmorphies maxillo-mandibulaires : derrière ce mot à consonance barbare se cache l’ensemble des anomalies que peut présenter la mâchoire, au premier rang desquelles figurent les prognathies (mâchoire trop en avant) et rétrognathies (mâchoire trop en arrière). Toutes ces anomalies provoquent une mauvaise occlusion des dents de la mâchoire supérieure (maxillaire) et inférieure (mandibule) et résultent d’un trouble de la croissance. La première cause est génétique : le patient reproduit au cours de sa croissance l’anomalie d’un de ses parents. La deuxième cause est liée à la langue : en principe, pendant l’enfance, la langue passe d’un mode de fonctionnement de tétée à un mode de fonctionnement de déglutition mature. Lorsque ce changement de mode de fonctionnement ne s’opère pas, la langue continue de pousser de façon anormale sur les structures osseuses.

Les conséquences de ces dysmorphies peuvent être désastreuses. D’abord, au niveau fonctionnel, un mauvais alignement de la mâchoire peut être à l’origine de douleurs importantes au niveau de l’articulation temporale, de migraines, de difficultés de mastication ayant des conséquences sur la digestion (les aliments arrivent insuffisamment broyés dans l’estomac), de troubles respiratoires pendant la nuit et même du déchaussement précoce des dents. Mais ce n’est pas tout… Au niveau esthétique, une mauvaise occlusion des mâchoires nuit à l’harmonie globale du visage : nez proéminent, lèvres pincées et affaissement facial précoce. En effet, la mâchoire a un rôle important de soutien des tissus de recouvrement (muscles, peau). Elle permet d’aller à l’encontre de deux processus naturels : d’une part, la gravité terrestre qui engendre une attraction vers le bas des tissus faciaux entraînant l’apparition de bajoues, cernes, sillons et consorts, et d’autre part la contraction des muscles du visage sur des structures mobiles (la graisse) à l’origine de la formation des rides. Quand la mâchoire présente une anomalie, elle n’assure plus son rôle et le vieillissement facial est accéléré. Bien souvent, ces préoccupations d’ordre esthétique ont des répercussions psychologiques importantes. Les personnes concernées peuvent nourrir des complexes envers cette mâchoire qui les dérange par son positionnement inhabituel et un manque de confiance en soi peut en découler. Syndicat des Spécialistes Français en Orthopédie Dento Faciale

Adultes : un nouveau départ grâce à la chirurgie orthodontique

Une dysmorphie ne constitue en aucun cas une fatalité et il n’y a pas d’âge pour s’y attaquer. Quand la croissance osseuse est terminée, prendre un nouveau départ est possible grâce à l’orthodontie chirurgicale. Cette discipline, qui associe orthodontie et chirurgie, permet de restaurer une bonne position des dents en modifiant le rapport des bases osseuses. Cette prise en charge est nécessaire lorsque la mâchoire est trop étroite, lorsque le décalage est important entre les deux mâchoires (dents du haut très en avant/dents du bas très en arrière, mâchoire du haut du bas très grande/très petite) ou lorsqu’il y a béance entre les deux mâchoires (entre les dents de devant en se regardant de face ou entre les dents des côtés).

Tout plan de traitement commence par la pose d’un appareillage orthodontique 10 à 24 mois en amont de l’intervention chirurgicale afin de repositionner les dents. En effet, celles-ci doivent être alignées et droites pour ne pas gêner le geste du chirurgien au moment de l’opération. Plus ou moins visibles, bagues linguales, aciers ou céramiques transparentes et gouttières d’alignement transparentes sont les plus couramment utilisées. Entre ensuite en scène la chirurgie pour restaurer le bon rapport entre les deux mâchoires via une opération sous anesthésie générale. L’indication exacte du site de l’action chirurgicale ne sera portée qu’au terme du traitement orthodontique, lorsque l’importance du décalage ou de l’anomalie à corriger aura été mise en évidence. Une fois l’opération réalisée, il est important que le traitement orthodontique reprenne très rapidement (dix à quinze jours après l’intervention). Environ six mois de traitement de finition de l’occlusion sont nécessaires.

Le pouvoir rajeunissant des mâchoires bien alignées

Les bénéfices de l’orthodontie chirurgicale sont nombreux et parfois même inattendus. En corrigeant l’infrastructure squelettique qui soutient les parties molles du visage et du cou, l’orthodontie chirurgicale va avoir des effets sur la forme du visage. Ainsi, une chirurgie de la mâchoire inférieure garantit un effet lifting ! La remise en tension normale de la peau et des muscles du cou et peauciers entraine en effet une amélioration du dessin de l’angle de la mâchoire en diminuant l’effet double menton et relâche de la peau du cou.

Les opérations relatives à la mâchoire supérieure offrent un effet de rajeunissement par la projection vers l’avant des joues et de la lèvre supérieure et réduisent le besoin de rhinoplastie : de profil, une élévation de la pointe du nez plus ou moins importante et, de face, un arrondissement des ailes du nez entrainant un certain élargissement qui peut être recherché dans le cas d’un visage long au nez étroit.

Douleur, cicatrice et durée de convalescence minimales

Le mot « chirurgie » fait souvent frémir. Pourtant, dans le cadre de l’orthodontie chirurgicale, les suites opératoires sont réduites :

Aucune cicatrice cutanée n’est visible car l’incision est pratiquée dans la bouche.
La douleur est maîtrisée par les médicaments.
Le blocage de la mâchoire à la sortie du bloc opératoire, générateur d’anxiété et donc de douleur, est aujourd’hui très rare.
Une prise en charge kinésithérapeutique permet par ailleurs de limiter la douleur et l’oedème par un massage cervical et un drainage lymphatique du visage. La perte de sensibilité de la lèvre et du menton fréquente dans les opérations touchant la mandibule (au sein de laquelle circule un nerf responsable de cette sensibilité) n’est définitive que dans 3% des cas. Le gonflement subi par tout ou partie du visage atteint son maximum à 72h de l’intervention et est facilement résorbée par des vessies de glace et des médicaments.

En ce qui concerne l’alimentation, le retour à la normale est rapide (6ème semaine) et dès le lendemain de l’opération, une alimentation liquide est possible. La sortie de l’hôpital peut se faire seulement 48h après l’intervention et le patient pourra reprendre son travail une à deux semaines plus tard. Les résultats du repositionnement dentaire sont visibles instantanément. Les effets sur la morphologie et les répercussions esthétiques sont eux évaluables au bout de 2 à 3 mois.

Une décision réfléchie et une prise en charge personnalisée

Parce qu’entreprendre une démarche d’orthodontie chirurgicale n’est pas une décision anodine et que les traitements sont longs, il est essentiel que les experts impliqués dans la prise en charge soient à l’écoute des patients et les informent des modalités de l’intervention, de sa durée, de ses conséquences et de son coût. Dans le cadre d’une prise en charge pluridisciplinaire, une consultation psychologique est prévue du fait de l’impact psychologique possible d’une modification de la face.

Combien ça coûte ? Lorsqu’une orthodontie chirurgicale est nécessaire, les soins d’orthodontie associés sont pris en charge par l’assurance maladie pendant un semestre. Certaines mutuelles complètent. Il faut faire une demande d’autorisation préalable auprès de la caisse primaire avant de commencer les soins. Au final, 4/5 du traitement seront à la charge du patient. Quant à la chirurgie pratiquée à l’hôpital, elle est remboursée à 100%.

A propos de la Fédération Française d’Orthodontie

L’Orthodontie : une spécialité récente, au carrefour du fonctionnel et de l’esthétiqueTirée du grec « ortho », droit et « odontos » dent, l’orthodontie vise à la prévention, à la correction des malpositions dentaires, et à l’établissement d’une bonne occlusion. Elle cherche aussi bien à rétablir l’esthétique de la face par le biais des maxillaires (appelées couramment « mâchoires ») qu’à corriger les fonctions comme la ventilation, la mastication et l’élocution. Ainsi, l’orthodontiste va plus loin que l’alignement des dents et prend en compte de nombreux aspects :

la santé dans sa globalité : ventilation, allergies, maladies génétiques,
le parodonte : les dents tiennent dans l’os par le biais de ligaments et sont recouvertes par les gencives, 
-  * l’occlusion : les maxillaires (mâchoires), actionnés par de nombreux muscles, doivent être emboîtés de façon à ce que les dents soient correctement positionnées.
la posture : un bon équilibre de l’occlusion permet une bonne statique et a contrario un défaut de calage retentit sur l’ensemble du corps.
la psychologie : un beau sourire donne confiance en soi. Il est non seulement source de séduction, mais un facteur important, notamment pour l’adulte en cas de recherche d’emploi L’orthodontie s’inscrit dans un contexte médical, une prise en charge globale et prend en compte des facteurs divers, aussi bien fonctionnels qu’esthétiques.

1997, Organisation des Premières « Journées de l’Orthodontie »

Notre profession a connu un essor si important au cours des cinquante dernières années que les opportunités de formation continue proposées se sont trouvées en concurrence. En 1997, 9 sociétés ont décidé d’organiser ensemble les premières « Journées de l’Orthodontie » à Paris, permettant à l’ensemble de la profession de se retrouver !

2001, Naissance de la Fédération Française d’Orthodontie

En 2001, la Fédération Française d’Orthodontie (FFO) est née de la réunion de toutes ces sociétés. Elle regroupe actuellement 10 sociétés scientifiques plus le Collège des enseignants universitaires en Orthodontie et se consacre à l’organisation des « Journées de l’Orthodontie ». Ce congrès se tient à Paris en Novembre chaque année. Il est devenu un des grands congrès Européens. Les Orthodontistes sont très assidus aux séances de formation continue. En 2009, ce sont 2500 personnes qui étaient présentes, avec 120 conférenciers, ces nombres étant en constante augmentation.

Lors de ce grand rassemblement de toute la profession y compris les omnipraticiens intéressés et les étudiants en spécialité, viennent parfaire leurs connaissances, échanger et partager leur passion. D’autres praticiens avec lesquels nous collaborons, peuvent assister à notre congrès, tels que les pédiatres, les ORL, les allergologues, les pneumologues, et bien entendu les chirurgiens Maxillo Faciaux. Certaines professions para médicales sont très intéressées par nos échanges : orthophonistes, kinésithérapeutes, podologues, etc

Notre personnel, assistantes, secrétaires, techniciens de laboratoires, et orthésistes, trouve des formations adaptées et peut assister à toutes nos séances. Les fournisseurs de matériel sont tous présents pour présenter leurs produits et leurs nouveautés.

Comme dans les autres spécialités médicales, ces journées évoluent proposant des séances de consensus, des conférences interactives ou en invitant les étudiants en fin de spécialité à présenter leurs Mémoires de fin d’étude.

En 2011, en plus de sa fonction traditionnelle de formation continue, la Fédération Française d’Orthodontie a mis l’accent sur l’information du public en lui proposant de participer à une session consacrée aux succions non nutritives.

Les maîtres mots de notre fédération sont :

  • diversité scientifique : présence de 10 sociétés savantes.
  • caution scientifique : présence du Collège des enseignants universitaires.
  • ouverture : séances scientifiques en collaboration avec des sociétés scientifiques
  • médicales renommées.
  • richesse de l’information.
  • innovation.
  • facilité pour les confrères de trouver les informations qu’ils désirent.
     

Thème:

Retour en arrière